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Actualités

L’été où tout a changé

Été 2018, Trois-Pistoles devant le fleuve.

Mon amie Jasmine Catudal et moi avec nos enfants. Ils passent leurs journées sur la grève dans ce paysage qui nous est si cher, qui fait partie de nous, que nous ne voulons pas voir se détériorer sous nos yeux.

Jasmine et moi discutons sans fin du profond désir qui nous habite qu’il y ait plus de sens dans nos vies professionnelles, que nous puissions nommer et surmonter ce qui nous dérange, nous inquiète. 

Jasmine élabore la programmation de l’exposition du Québec pour la Quadriennale de scénographie de Prague (2019) et a courageusement décidé d’axer la réflexion autour des déchets générés par la scénographie.

« Qui sait, le théâtre possède peut-être la clé de voûte d’un environnementalisme renouvelé pour la suite du monde? » — Jasmine Catudal

L’automne suivant, le cours « La décroissance soutenable » d’Yves-Marie Abraham à HEC Montréal allait remettre en question toutes les solutions que j’avais rigoureusement étudiées au cours des trois années précédentes au D.E.S.S. en gestion des organismes culturels et que je m’apprêtais à mettre en pratique. Il m’apparaissait désormais clairement que les modèles qu’on m’avait enseignés étaient en fait la source du problème. Le chemin proposé nous propulsait dans le mur et il fallait paver une nouvelle voie. Les pistes de réflexion présentées dans le cours de décroissance me donnaient des clefs pour concevoir mes projets d’une tout autre manière.

Je m’engageais alors résolument dans un défi très créatif : mettre en place un organisme dont la mission serait de réduire l’impact environnemental de la production culturelle. Mais comment?

Je bifurque vers l’innovation sociale et l’économie circulaire. Je nous revois, Jasmine et moi, dans un corridor de HEC Montréal, le graphique de l’économie circulaire dans les mains, sentant toutes les deux que nous tenions là des pistes qui nous permettraient de remodeler les façons de faire, de colmater les fuites, de créer une richesse basée sur la collaboration plutôt que sur la possession. 

Écoscéno naît officiellement en octobre 2019, Jasmine à la présidence, moi à la direction générale, et une équipe formidable s’engage dans notre projet fou, urgent et nécessaire. L’année 2020 que nous imaginions symboliquement comme une année décisive a bousculé tout ce qui l’a précédé en nous plongeant dans une pandémie que nous n’avions évidemment pas prévue. Mais qui révèle encore plus fort qu’il est temps d’agir.

Le visage face au vent, nous avons fait des découvertes marquantes, rencontré des créateurs dont les démarches engagées nous ont émues. Nous avons remis en question les pratiques courantes pour les transformer. Nous avons été accueillies généreusement parmi ceux qui croient dur comme fer qu’il est possible, nécessaire et exaltant de changer nos façons de faire.

Nous lançons aujourd’hui ce blogue pour partager avec vous notre parcours, nos découvertes et nos avancées. C’est en nous inspirant de tout ce qui s’est fait avant nous que nous avons trouvé les clés de nouvelles approches.

Plusieurs membres de l’équipe d’Écoscéno prendront tour à tour la parole pour partager leurs découvertes et la façon dont plusieurs stratégies d’écoconception sont mises en pratique dans les créations québécoises que nous accompagnons.

Tous les deux mois, c’est l’équipe du Conseil québécois des événements écoresponsables, pionnière au Québec en écoresponsabilité appliquée au domaine artistique, qui prendra la parole pour partager des avancées inspirantes sur leur parcours et celui des groupes qu’ils accompagnent.

C’est fortes d’un appui financier déterminant provenant de l’Entente de développement culturel entre la Ville de Montréal et le Ministère de la Culture et des Communications que nous nous appliquerons à révéler les initiatives qui inspireront, nous le souhaitons ardemment, vos actions.

Parce que c’est ensemble que nous transformerons les règles de l’art.

Anne-Catherine Lebeau

Cofondatrice et directrice générale d’Écoscéno, Anne-Catherine Lebeau a été formée en interprétation à l’École du théâtre d’art de Moscou et a travaillé pendant près de 20 ans dans le milieu culturel local et international. À l’aube de la quarantaine, elle entreprend une maîtrise en management des entreprises culturelles à HEC Montréal pour mieux comprendre comment changer le monde. Mère de deux adolescents la mettant au défi tous les jours, c’est avec grand bonheur qu’elle découvre qu’il est possible de changer les façons de faire et que les acteurs du milieu culturel sont avides d’inspirations.